ONATRA : Martin Lukusa propose l’introduction de l’entreprise à la Bourse de Kinshasa
Le Directeur général de l’Office national des transports (ONATRA SA), Martin Lukusa Cibangu Panu, propose de faire de l’entreprise publique la société pilote pour son introduction à la Bourse de Kinshasa.
Cette initiative vise à mobiliser de nouveaux capitaux afin de financer les investissements prioritaires et d’accélérer la modernisation des infrastructures et des équipements de l’ONATRA.
Dans une correspondance adressée à la Première ministre, cheffe du Gouvernement, le directeur général sollicite l’appui des autorités pour engager le processus d’entrée en Bourse.
La démarche intervient alors que la République démocratique du Congo met progressivement en place un nouveau cadre légal destiné à encadrer le fonctionnement des marchés boursiers.
UN POTENTIEL D’ACTIFS A VALORISERSelon la proposition présentée par Martin Lukusa, l’ONATRA disposerait d’un portefeuille d’actifs et d’investissements susceptible de soutenir une opération de cotation.
Le document évoque notamment 74,8 millions de dollars d’investissements réalisés entre 2024 et 2026, ainsi que 176,3 millions de dollars de créances certifiées sur l’État congolais.
Parmi les actifs cités figurent deux grues de manutention d’une capacité de 80 tonnes, six pousseurs, plusieurs barges, les quais rénovés du port de Matadi, un nouveau parc à conteneurs, deux locomotives et 42 wagons neufs.
La valorisation de ces actifs, associée à une meilleure structuration financière, pourrait permettre à l’ONATRA de renforcer sa capacité d’investissement et de mobiliser des ressources en dehors des mécanismes traditionnels de financement public.
UNE MISE EN ŒUVRE EN TROIS PHASESLe projet prévoit une mise en œuvre progressive en trois étapes.
La première phase, prévue de septembre à décembre 2026, serait consacrée à un audit complet de l’ONATRA ainsi qu’à la restructuration de son capital.
Il est notamment envisagé de créer une société cotable sous la forme d’un ONATRA SCA, une structure qui permettrait d’adapter l’entreprise aux exigences du marché financier.La deuxième phase, programmée de janvier à mars 2027, porterait sur une émission inaugurale de 25 millions de dollars.
Les fonds mobilisés serviraient principalement à acquérir dix locomotives et 100 wagons, mais aussi à sécuriser la voie CFMK.
La troisième phase, envisagée pour juin 2027, consisterait en l’introduction effective de l’ONATRA à la Bourse de Kinshasa.
Le projet prévoit la cession de 30 % des actions détenues par l’État au public congolais, avec un objectif de mobilisation d’environ 40 millions de dollars.
REDUIRE LA DEPENDANCE AUX FINANCEMENTS PUBLICSPour la direction générale de l’ONATRA, l’entrée en Bourse permettrait de diversifier les sources de financement de l’entreprise et de réduire sa dépendance aux ressources publiques.
Les capitaux levés pourraient notamment contribuer à l’électrification de la ligne Kinshasa–Est–Aéroport de N’Djili ainsi qu’à l’acquisition de nouveaux équipements portuaires.
La proposition insiste également sur le fait que l’opération ne devrait pas entraîner de nouveaux décaissements du Trésor public.
La cession d’une partie du capital détenu par l’État pourrait, au contraire, générer des recettes supplémentaires tout en donnant à l’ONATRA les moyens de poursuivre son programme d’investissement.
Une partie des créances de l’entreprise sur l’État pourrait par ailleurs être convertie en capital. Cette option permettrait de renforcer les fonds propres de l’ONATRA et d’améliorer sa structure financière avant une éventuelle cotation.
L’AVAL DU GOUVERNEMENT ATTENDUPour concrétiser cette ambition, Martin Lukusa demande à la Première ministre plusieurs autorisations. Il souhaite notamment que l’ONATRA soit officiellement désigné comme entreprise pilote pour son entrée à la Bourse de Kinshasa et que les démarches nécessaires soient engagées auprès des institutions compétentes.
La réussite de ce projet dépendra toutefois de plusieurs conditions: la réalisation d’un audit crédible, la clarification de la situation financière de l’entreprise, la validation du cadre juridique et la confiance des futurs investisseurs.
Si elle reçoit l’aval du Gouvernement, cette initiative pourrait constituer une étape majeure dans la transformation de l’ONATRA. Elle ouvrirait également une nouvelle voie pour le financement des entreprises publiques congolaises à travers les marchés financiers, tout en offrant au public national la possibilité de participer directement au capital d’un acteur stratégique de l’économie.




Guy Bathika
