Mais la partie libanaise s’est encore illustrée par sa résistance effrontée aux mesures de justice
Le paysage judiciaire et foncier de la République Démocratique du Congo vient de franchir une étape décisive. Le vendredi 24 juillet 2026 restera marqué par l’exécution définitive du jugement rendu sous le RC 33.766 par le Tribunal de grande instance de Kinshasa Matete, mettant un terme à un long feuilleton judiciaire opposant M. Gabriel Pumbu et consorts à des investisseurs libanais.

Transporté sur les lieux sis dans la parcelle n°3555 du plan cadastral de la commune de Limete, Me Péniel Kapinga Banza, huissier de justice assermenté près la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe, a procédé à l’installation officielle de M. Gabriel Pumbu et consorts. Cette action s’est inscrite dans le strict respect des décisions de justice, aucun acte juridique contraire n’existant à ce jour.

Pendant de longues années, ce dossier a illustré les résistances persistantes face à l’application des décisions de justice.

La partie adverse s’était illustrée par des violations répétées de la légalité, notamment par le bris de scellés et des réinstallations forcées menées au mépris des décisions des tribunaux. Ces agissements, souvent soutenus par des manœuvres dilatoires et des pratiques de corruption, ont longtemps défié l’autorité de l’État dans l’indifférence coupable de certaines autorités administratives.

En recouvrant leurs droits, M. Gabriel Pumbu et consorts incarnent la résilience des justiciables face à l’arbitraire. Cette issue heureuse témoigne des avancées progressives vers un véritable État de droit, où la primauté de la loi et la protection des citoyens et du patrimoine national priment sur les intérêts particuliers. On ne peut que s’en réjouir et en remercier le président dans la République et le ministère de la Justice.

Grâce en effet à la vigilance du Magistrat suprême et aux instructions fermes transmises par le ministère de la Justice aux officiers ministériels et au ministère public, la force publique a pu garantir le respect de l’État de droit. Cette synergie institutionnelle envoie un signal fort contre les réseaux de spoliation et les pratiques sapant l’autorité de l’État.

Le dénouement de cette affaire sonne comme un avertissement pour les adeptes des jugements complaisants et de la justice privée. Il rappelle que la sécurité des investissements en RDC doit aller de pair avec le respect strict des lois de la République et des droits de propriété des citoyens.

Mais, vendredi 24 juillet, des témoins oculaires ont assisté à une scène incroyable. En effet, aussitôt après la réinstallation de Gabriel Pumbu et consorts dans leurs droits, la partie adverse incarnée par des Libanais enclins à se conduire au pays de Lumumba comme dans un territoire conquis, ont brisé les scellés et effacé les mesures d’exécution affichées par la justice dans ladite parcelle. Quelle effronterie! Pour avoir ainsi le culot d’affronter la justice, ces derniers doivent sans doute pouvoir compter sur des protections occultes dans les hautes sphères politiques du pays. Un tel comportement effronté ne peut s’expliquer autrement.
En attendant d’y voir plus clair dans le comportement de ces Libanais et leurs complices éventuels face à un jugement rendu en bonne et due forme, il convient de souligner que l’État congolais, en tant que copropriétaire de la concession querellée, a également subi les conséquences de ces expropriations illégales.
Ce cas met en tout cas en lumière un mode opératoire récurrent où certains investisseurs peu scrupuleux tournent la justice congolaise en bourrique et s’approprient par la ruse et la fraude des biens appartenant à des compatriotes parfois insuffisamment informés de leurs droits, aidés en cela sans doute par des auxiliaires de justice peu scrupuleux.
Face à ces dérives, l’impulsion donnée à la justice par les plus hautes autorités de l’État, le chef de l’Etat en premier, risque de manquer d’impact si des individus, grands investisseurs soient-ils, peuvent se permettre de défier impunément la justice en piétinant ses édits.
Grégoire Egboya
